LOGO

Le 31 janvier 1797,

   FRANZ SCHUBERT naît à VIENNE dans une famille où la musique est reine.

   Il montre vite beaucoup de bonheur à s’en imprégner, et encore plus de talent dans sa découverte.
Sa plus ancienne composition connue date de 1810: il composera tout le reste de sa vie.
   Sur ordre paternel, il entre à l’école normale d’instituteurs en 1813.
   En 1814 sa première messe est exécutée en l’église de Lichtental, et c’est Thérèse, son premier amour, qui chante la partie de soprano. Dans les années qui suivirent, le père de cette bien-aimée n’autorisera pas celle-ci à se marier à ce trop pauvre soupirant.

   La rupture est définitive: en 1821, Thérèse en épouse un autre !...

   En 1816 SCHUBERT obtient un congé d’un an de son poste d’instituteur, qu’il rendra définitif afin de se consacrer uniquement à la composition. En 1818 il séjourne chez le Comte J.C. Esterhazy, à ZELESZ, en Hongrie. Il y donnera des cours de musique et de chant à la fille aînée du Comte.
   A la suite de ce long été hongrois, SCHUBERT ne cède pas à l’autorité paternelle et refuse de reprendre un poste d’instituteur.
   Il est déjà bien persuadé que sa responsabilité est de s’investir totalement dans la musique, et de composer.
   Il se retrouve alors sans domicile propre et séjourne chez l’un ou l’autre de ses amis, dans des chambres meublées, son grand souci n’étant pas ses aises, mais sa musique.
   Le matin il travaille; le reste du temps, il se promène et rencontre ses amis, trouvant une famille d’esprit chez les poètes, les musiciens, les artistes.
   Ainsi, plus facilement que l’amoureux, il devient le confident des soeurs Fröhlich, musiciennes toutes les quatre.

au village
au village
   FRANZ SCHUBERT ne montre pas dans son physique la beauté qui l’habite.
   Il est très petit (1,52) et sa négligeance vis-à-vis de son corps et sa sensualité, en font vite un jeune homme empâté.
   C’est un être des profondeurs, pas des apparences.
   Il n’a jamais recherché les honneurs, mais attacha beaucoup de prix à l’affection de ses proches, famille et amis. Au cours de ces soirées, qui deviennent les “Schubertiades”, il se met discrètement au piano, heureux de faire danser ses compagnons du soir.

   C’est ainsi que s’exprimait son amour et son humilité.         Cependant, l’artiste en lui ne se sous-estime pas, il est très conscient de son talent, et va aller jusqu’à un investissement total dans sa musique. Là s’exprime sa fierté.
   En 1820, à 23 ans, il réussit, après d’énormes efforts, à faire monter deux ouvrages lyriques.

   Il lui faut gagner sa vie, et il est poussé vers la gloire par ses amis souhaitant voir là son génie reconnu, mais l’OPERA, qui l’attire, ne participe pas de la nature introvertie de SCHUBERT, et un véritable succès se fait attendre.

   Cependant en 1823 il n’a que 26 ans, et son nom est de plus en plus connu.
   De grands espoirs peuvent exister, mais la maladie, d’un sale coup de patte, les annihile: en 1823, on ne guérit pas de la syphilis !

   L’été 1824, SCHUBERT retourne en Hongrie et s’éprend de Caroline, la deuxième fille du Comte. C’est son second grand amour, mais plus irréalisable encore que le premier. C’est la maladie qui cette fois le contraint irrémédiablement. Fin Octobre 1824, il rentre à Vienne, à la fois heureux et déchiré.

   Cet amour l’a revigoré, et l’année 1825 voit le regain de ses soirées amicales, pleines de larmes et de rires.
   Cependant, la maladie lui fait perdre peu à peu sa confiance en lui; il commence désormais à se promener dans des paysages intérieurs de plus en plus étranges. C’est en Février 1827, que SCHUBERTentreprend:



dernier espoir
dernier espoir


le “VOYAGE D’HIVER”. Il met par hasard la main sur 12 des 24 poèmes de WILHELM MÜLLER, et c’est dans la fièvre nocturne qu’il va composer ces lieder.
 

   Dans ces poèmes simples et romantiques, le musicien trouve des échos à ses propres angoisses:  le poète lui aussi, condamné à écrire, se sent aux frontières de la mort.
   Dans ce livre ouvert sur ce qu’est sa vie, depuis qu’il se sait malade, SCHUBERT lit entre les lignes ses propres états d’âme, ses désillusions, et dépasse ses impuissances, allant plus loin que le cimetière, que la mort perpétuellement appelée par le poète, le musicien va errer avec les âmes et rendre ainsi compte de son génie.
 

   Dans le “VOYAGE D’HIVER” le poète & le musicien sont des compagnons de route solitaires. Le chemin est ainsi: tournant le dos à ses amoures déçues (“Bonne nuit” (01)- “La girouette” (02)- “Image glacée” (04)- “Inondation” (06)- “La malle poste” (13)- l’errant ne peut se fourvoyer: (“Le poteau indicateur” (20)) lui montre “ la route dont nul n’est jamais revenu” aussi doit il s’enfoncer dans la (“Solitude” (12)-
“Au village"(17)-, l’ “Illusion” (19) -le “Joueur de vielle” (24)-).
Son appel à la mort ( “Feu follet” (09)- “La tête chenue” (14)- “La corneille” (15)- “L’auberge” (21)-Les parhélies” (23)-) n’empêche pas la  vive cruauté des regrets  nostalgiques ( “Larmes glacées” (03)- “Le tilleul” (05)- “Sur la rivière” (07)- “Regards en arrière” (08)-) ni la douleur d’être harcelante ( “Repos” (10)-); et si le (“Courage” (22)-) vient surprendre par son optimisme soudain; le présent d’automne, ce sont les feuilles qui tombent, dans (“Dernier espoir” (16)-), l’entrée dans un dernier hiver, un hiver froid et sauvage (“Matin d’orage” (18)-).
   Le 26 Mars 1827 BEETHOVEN meurt à VIENNE et SCHUBERT en est bouleversé “LE VOYAGE D’HIVER” en porte les traces. C’est en Octobre 1827 qu’il achève le dernier des 24 lieder.

halt
halte


   Il considère que c’est là sa meilleure oeuvre, tant sans doute, il y a mis tout de lui même.
   Mais, à la première audition de l’ouvrage, ses proches ne reconnaissent pas là le travail de leur aimable compagnon.

SCHUBERT est atteint une fois de plus: incompréhension, rejet; pour lui le coup est rude, et c’est dans la douleur, avec ses dernières forces, tout son courage, tout son talent, qu’il va continuer à composer, à tout donner à la musique.
   Il s’éteind ( chez son frère Ferdinand ) le 19 Novembre 1828.

   Le voyage, c’est aussi celui que va connaître tout artiste, choisissant le chemin le plus hardu, y étant bien solitaire et se demandant, comme SCHUBERT l’énonce avec l’émotion coulant de ses yeux:

“Welch ein törichtes Verlangen- treibt mich in die Wüstereien?”

(Quelle aspiration insensée- m’aiguillonne vers les 
déserts?)  ---

CLIQUEZ ICI

 
courage
courage
avertissement
  AVERTISSEMENT
commandes
COMMANDES
retour
RETOUR